On entend encore souvent que l’accessibilité, c’est une contrainte : ça coûte cher, ça bride le design, et ça concerne « quelques personnes ». Sur le site des Alpes-de-Haute-Provence, on a visé 100 % de conformité RGAA. On l’a atteint. Et je peux vous dire que ces trois idées reçues sont fausses.
Le jour où on a visé 100 %
Quand l’Agence de Développement des Alpes de Haute-Provence a lancé la refonte de son site, l’accessibilité faisait partie du cahier des charges dès le départ. Pas en option. On a donc embarqué Access42, notre partenaire expert, dès les premières maquettes.
Quelques mois plus tard, le site affichait 100 % de conformité, décrochait la 4e place aux Trophées de la communication 2025, et cumulait 620 000 visites en cinq mois. Accessible ne veut pas dire moins performant. Souvent, c’est même l’inverse.
Un site accessible n’est pas un site « adapté ». C’est un site bien fait.
Le RGAA en deux minutes
Le Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité est la grille française qui traduit le droit à l’accessibilité numérique, inscrit dans la loi depuis 2005. Il compte 106 critères, répartis en 13 thématiques : images, couleurs, liens, formulaires, navigation, structure…
Tous découlent de quatre principes simples : un contenu doit être perceptible, utilisable, compréhensible et robuste, c’est-à-dire lisible par toutes les technologies d’assistance. Obligatoire pour de nombreux services publics, le sujet concerne aussi de plus en plus d’acteurs privés depuis l’entrée en application de la directive européenne sur l’accessibilité, en 2025.
Pour qui ? Pour tout le monde
L’accessibilité s’adresse d’abord aux personnes en situation de handicap, et c’est une raison suffisante. Mais regardez qui en profite vraiment :
- Les seniors, pour qui un texte trop petit ou trop pâle est illisible.
- Les mobinautes, en plein soleil, d’une seule main, sur un sentier.
- Les visiteurs en zone de faible connexion, et dans nos destinations de montagne, il y en a.
- Les moteurs de recherche et les IA, qui lisent un site exactement comme un lecteur d’écran : par sa structure. Le lien avec le SEO et le GEO est direct.
Notre méthode en trois audits
Le piège classique, c’est l’audit unique, juste avant la mise en ligne. On découvre alors des dizaines de non-conformités, et chaque correction coûte cher. Avec Access42, on a fait autrement :
- Audit des maquettes : contrastes, hiérarchie des titres, lisibilité, éléments interactifs. Corriger une couleur dans une maquette, c’est gratuit.
- Audit de préproduction : le site complet, avant la mise en ligne, pour ajuster le code et les contenus.
- Audit en production : le contrôle final, en conditions réelles.
Chaque recommandation a nourri un plan d’action correctif. Et surtout, toute l’équipe, designers, développeurs, rédacteurs, a été sensibilisée. Florian, notre webdesigner, est d’ailleurs certifié RGAA par Access42 : l’accessibilité commence dans ses fichiers.
Ce que ça change dans le code
Côté technique, le site repose sur un WordPress headless couplé à Nuxt.js. C’est un vrai atout pour l’accessibilité : on écrit chaque balise, sans thème ni constructeur de pages qui injecte du code incontrôlé. Un composant rendu accessible une fois l’est partout où il est utilisé.
Les éléments les plus riches, carte interactive, carrousels, filtres, demandent le plus de soin : ordre de lecture, gestion du focus, annonces aux lecteurs d’écran, alternatives. C’est là que l’expertise d’un auditeur fait gagner des semaines.
Les idées reçues, une par une
| On entend | En réalité |
|---|---|
| « Ça bride le design » | Le site des Alpes-de-Haute-Provence a été distingué aux Trophées de la communication. Les contraintes rendent souvent le design plus net. |
| « Ça coûte cher » | Ce qui coûte cher, c’est de corriger à la fin. Intégrée dès la maquette, l’accessibilité pèse peu. |
| « Ça concerne peu de monde » | Handicap, âge, mobilité, connexion : à un moment ou un autre, tout le monde en profite. |
| « Un plugin suffit » | Aucune surcouche ne rend un site conforme. La conformité se construit dans le code et les contenus. |
Cinq réflexes à garder
Pas besoin d’attendre un audit pour commencer. Cinq réflexes couvrent déjà une bonne partie du chemin :
- Des contrastes suffisants Texte sur fond, boutons, liens : on mesure, on ne devine pas.
- Des titres qui suivent un ordre Un seul H1, puis des H2 et des H3 logiques : c’est le sommaire des lecteurs d’écran.
- Tout au clavier, focus visible Si on ne peut pas tout faire avec Tab et Entrée, quelqu’un est bloqué.
- Des images qui parlent Une alternative utile pour celles qui portent de l’information, une alternative vide pour les décoratives.
- Des formulaires étiquetés Chaque champ a son libellé, chaque erreur dit ce qu’il faut corriger.
Le RGAA n’est pas une option. Et franchement, tant mieux : il nous oblige à faire des sites plus clairs, plus rapides et plus solides. Pour tout le monde.
Votre site est-il accessible à tous ? On peut commencer par un premier diagnostic.